Alors que la République démocratique du Congo fait face à sa 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola, les États-Unis ont annoncé, mercredi 23 septembre 2026 à New York, une enveloppe supplémentaire de 267 millions de dollars américains destinée à renforcer la riposte sanitaire et humanitaire. Cette annonce est intervenue en marge de la Semaine de haut niveau de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies.
Dans une tribune, Dr Jean-Jacques Mbungani, ancien ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévention et député national, salue cette nouvelle contribution de Washington, tout en appelant les autorités congolaises et les responsables de la riposte à garantir une utilisation efficace et transparente des fonds.
Selon le Département d’État américain, cette nouvelle enveloppe doit notamment permettre de financer de nouvelles unités de traitement Ebola, de renforcer les équipes chargées des inhumations sûres et dignes, d’acquérir des équipements de protection individuelle, mais aussi d’intensifier la surveillance épidémiologique, le traçage des contacts et l’approvisionnement en produits de santé essentiels.
Avec cette nouvelle contribution, l’aide sanitaire et humanitaire directe américaine destinée à la lutte contre Ebola atteint 887 millions de dollars, dont plus de 780 millions mobilisés par le Département d’État, selon Washington.
« Chaque dollar doit contribuer à sauver une vie »
Pour Jean-Jacques Mbungani, cette solidarité américaine constitue un signal important dans la lutte contre l’épidémie. Il adresse ainsi ses remerciements au gouvernement et au peuple américains, tout en insistant sur la nécessité de traduire les financements mobilisés en résultats concrets sur le terrain.
L’ancien ministre estime notamment que l’aide internationale ne peut produire pleinement ses effets si des difficultés persistent dans la chaîne d’approvisionnement et dans les structures de prise en charge.
Il évoque notamment des préoccupations concernant les équipements de protection individuelle des agents impliqués dans la vaccination et la prise en charge des malades, ainsi que les difficultés matérielles auxquelles seraient confrontées certaines équipes de riposte.
Trois exigences pour renforcer la transparence
Face à ces préoccupations, Jean-Jacques Mbungani formule trois principales recommandations à l’endroit du gouvernement et de la coordination de la riposte.
La première concerne la traçabilité des financements. Il souhaite que les ressources mobilisées puissent être suivies jusqu'à leur utilisation effective dans les zones de santé, notamment pour les équipements de protection, les vaccins et les primes de risque destinées au personnel engagé dans la riposte.
La deuxième porte sur la prévention des ruptures d’intrants. Il préconise un suivi régulier des stocks de gants, combinaisons, tentes et autres matériels essentiels, accompagné d’une communication régulière sur les approvisionnements.
Enfin, il appelle à davantage d’écoute des Divisions provinciales de la Santé et des équipes de terrain, considérées comme les acteurs directement engagés dans la prise en charge des patients, la vaccination, la surveillance et la prévention de la propagation du virus.
« Un pacte de confiance »
Jean-Jacques Mbungani considère les financements américains comme davantage qu'une simple contribution financière. À ses yeux, ils constituent un « pacte de confiance » qui doit se traduire par une riposte efficace et une utilisation rigoureuse des ressources.
Les États-Unis indiquent pour leur part avoir déjà acheminé 292 tonnes de fournitures humanitaires, soutenu 8,6 millions de dépistages, distribué 184 000 équipements de prévention, contribué à rendre opérationnels 23 centres spécialisés de traitement Ebola et soutenu 235 établissements de santé dans les zones touchées.
Pour l’ancien ministre de la Santé, l’évaluation de cette 17ᵉ épidémie ne devrait donc pas uniquement se mesurer aux montants mobilisés, mais également aux résultats obtenus sur le terrain et au nombre de vies effectivement sauvées.
« Chaque dollar doit devenir un gant, un lit, un vaccin, un enterrement digne et sécurisé », insiste-t-il dans sa tribune.
Jean-Jacques Mbungani rend enfin hommage au personnel soignant engagé dans la riposte et réaffirme son attachement à la coopération sanitaire entre la RDC et les États-Unis.
Par Armand mumbilay

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