RDC : Joseph Kabila alerte sur une « mise en péril » du pays et appelle à agir
L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, s’est adressé à la nation ce vendredi 9 octobre 2026 dans un message intitulé « Le pays est en péril : ne pas agir, c’est être complice ». Dans cette déclaration, il dresse un bilan particulièrement sévère de la situation politique, sécuritaire et économique du pays.
Une « thérapie de choc » ignorée
Près d’un an et demi après son adresse du 23 mai 2025, Joseph Kabila affirme que sa « thérapie de choc en 12 points » n’a pas été prise en compte. Selon lui, la situation de la RDC n’aurait cessé de se détériorer.
L’ancien chef de l’État estime notamment que le pays « n’est plus une république, encore moins démocratique ». Sans citer directement Félix Tshisekedi, il compare le pouvoir en place à celui d’« Ivan le Terrible », estimant que la dictature, selon lui vaincue en 1997, serait revenue « sous sa forme la plus détestable ».
Guerre dans l’Est : Kabila critique la stratégie du pouvoir
Sur le plan sécuritaire, Joseph Kabila accuse les autorités de poursuivre une guerre qu’elles n’auraient « ni la volonté ni les moyens de gagner ».
Il dénonce notamment le non-respect, selon lui, du cessez-le-feu conclu dans le cadre du processus de Doha ainsi que la collaboration avec les Wazalendo, les FDLR et d’autres groupes armés étrangers.
Dialogue national : « Il ne cherche pas la solution mais la soumission »
L’ancien président reproche également au pouvoir d’avoir rejeté plusieurs initiatives de paix portées notamment par l’EAC, la SADC, la CEEAC, l’Union africaine ainsi que par la CENCO et l’ECC.
Pour Joseph Kabila, « face à la crise, le pouvoir ne cherche pas la solution mais la soumission ».
Arrestations, gouvernance et dette publique
Dans son réquisitoire, Joseph Kabila dénonce également les arrestations d’officiers généraux, d’opposants, d’activistes des droits humains et de journalistes. Il affirme que plusieurs officiers seraient même morts en détention.
L’ancien président s’inquiète par ailleurs de la situation financière du pays, évoquant une dette publique qui dépasserait, selon lui, 18 milliards de dollars.
Révision constitutionnelle : Kabila dénonce une remise en cause du pacte de Sun City
Sur le plan institutionnel, Joseph Kabila accuse le pouvoir de vouloir mettre fin au « pacte républicain de Sun City », notamment à travers la reprise des travaux parlementaires relatifs à la loi sur le référendum.
Il se montre particulièrement catégorique sur l’avenir du pouvoir actuel, déclarant : « Il n’y a rien, mais alors rien du tout à attendre du pouvoir actuel. »
Accord minier avec les États-Unis
Joseph Kabila évoque également les relations entre Kinshasa et Washington, notamment l’accord portant sur les minerais critiques. Il estime que cet accord ne constitue pas une garantie de soutien américain au régime en place.
Selon lui, les engagements des États reposent avant tout sur « la continuité de l’État, et non la pérennité des régimes ».
« Le Congo est en péril »
En conclusion de son message, Joseph Kabila lance un appel à l’action : « Le Congo est en péril ; le sauver est un impératif et une urgence. »
L’ancien président annonce par ailleurs qu’il présentera « dans les heures, jours ou semaines à venir » sa vision et les mesures qu’il estime nécessaires pour faire face à la crise que traverse la RDC.
Armand mumbilay

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