Coup de théâtre diplomatique à Washington. Alors que tout semblait prêt pour la signature du Cadre d’intégration économique régionale (CIER) entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, la délégation congolaise a reçu, à la dernière minute, l’instruction formelle de ne pas parapher l’accord. Une décision qui remet en question l’ensemble du processus de paix initié sous médiation américaine.
Selon le journaliste Israël Mutombo, qui a relayé l’information sur son compte X, Kinshasa conditionne désormais toute avancée économique à un retrait total des troupes rwandaises présentes sur le sol congolais. Une exigence qui, selon des sources diplomatiques, n’avait pas été explicitement formulée lors des négociations précédentes.
Contexte de l’accord
Le CIER visait à renforcer la coopération bilatérale dans les secteurs miniers, énergétiques, sanitaires et touristiques.
Il s’inscrivait dans le prolongement de l’accord de paix signé le 27 juin 2025 à la Maison-Blanche, sous l’égide du président américain Donald Trump.
Les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine ont activement soutenu les négociations, espérant stabiliser la région des Grands Lacs.
La ligne rouge de Kinshasa
La position de Kinshasa s’est durcie face à la persistance des affrontements dans l’Est du pays, notamment avec le M23, que la RDC accuse d’être soutenu par Kigali. Malgré les engagements sécuritaires pris dans le cadre du mécanisme conjoint de coordination, les troupes rwandaises n’ont pas amorcé de retrait significatif.
« Aucun accord économique ne sera signé tant que l’intégrité territoriale de la RDC n’est pas pleinement respectée », aurait déclaré un haut responsable congolais, selon des sources proches du dossier.
Réactions et tensions
Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a dénoncé une volte-face injustifiée, qualifiant la condition posée par Kinshasa de « prétexte médiatique ». Il affirme que les deux délégations étaient prêtes à signer le texte dès le lendemain matin.
Du côté américain, le conseiller spécial Massad Boulos tente de relancer le dialogue, espérant une signature avant la visite prévue des chefs d’État à Washington fin octobre.
Conséquences immédiates
Le processus de paix est fragilisé, alors que les combats se poursuivent dans le Nord et le Sud-Kivu.
Les investisseurs internationaux, notamment américains, pourraient revoir leurs engagements dans la région.
La crédibilité de la médiation américaine est mise à l’épreuve.

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